Chronique : « Les revenants » (Laura Kasischke)

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Il y a des romans qui vous happent pendant la lecture, au point de vous faire vous relever la nuit, et qui vous hantent longtemps après avoir tourné à regret leur dernière page. Les revenants (The raising en version originale) ,de Laura Kasischke, est de ceux-là.

Hanter. C’est justement de cela qu’il est question dans cette histoire. Au départ, il y a cet accident de voiture. Nicole, jeune étudiante adorée de toutes et tous, décède brutalement. Craig, son petit ami qui était derrière le volant, s’en sort indemne… physiquement. Comment se remettre d’un tel drame ? Comment vivre avec la double peine de la culpabilité et de la perte de l’être aimé ? Les choses ne s’arrangent pas quand on prétend que Nicole, revenue d’entre les morts, n’a pas quitté le campus.

A ces questions s’en ajoutent d’autres : Pourquoi est-ce que personne ne prend en compte le témoignage de Shelly, première personne arrivée sur le lieu du drame ? Qu’est-ce qui pousse tous ces étudiants à s’inscrire aux cours de Mira, chercheuse qui s’intéresse à un sujet pour le moins singulier : la mort.

Ces personnages, pour ne citer qu’eux, sont tous hantés d’une manière ou d’une autre par une ou plusieurs personnes parties trop tôt, mais aussi par le poids du passé, par leurs erreurs, par la colère ou le sentiment d’injustice.

Laura Kasischke nous prend dans les filets d’un récit qu’elle tisse en alternant habilement les points de vue des différents personnages principaux, mais aussi le passé et le présent.

L’un des grands atouts de cette histoire est qu’il est difficile de deviner où elle va nous mener tant sa nature est singulière : Sommes-nous vraiment au coeur d’un récit fantastique ? Le mystère est-il ce qui intéresse l’auteur ?

Il serait criminel de répondre ici à la première question, mais on peut tout de même se risquer à apporter quelques éléments de réponses à la seconde : Nous sommes en présence d’un vrai-faux thriller. L’étrangeté de l’intrigue nous accroche, mais ce sont bien les thèmes très forts qui sont abordés que l’on retiendra (Notre approche de la mort, la relation entre les vivants et les morts, le sentiment de perte, etc)

Le roman pourra donc décevoir les amateurs purs et durs de thrillers tant Laura Kasischke fait des choix narratifs radicaux (dans la dernière partie de son roman) comme un clin d’oeil à ses lecteurs qui auront compris ce qu’elle souhaite nous dévoiler : Un long moment (plus de six cent pages tout de même !) de poésie douce-amère et de réflexions pertinentes sur les humains qui se débattent pour exister et trouver du sens à leur vie et à celles des autres.

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