Chronique : « En attendant Godot » (Samuel Beckett)

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Il est souvent intéressant de (re)visiter un classique lu il y a longtemps ou que l’on croit presque connaître juste à force d’en avoir entendu parler. C’est donc ce que je vais faire, modestement, avec cet article consacré à la pièce de théâtre En attendant Godot de Samuel Beckett.

Ce qui frappe d’emblée le lecteur (ou le spectateur, j’imagine), c’est l’apparente simplicité de cette oeuvre.

Dans le premier acte, nous découvrons deux personnages, que l’on assimile vite à des clochards, nommés Estragon et Vladimir. Il y a un arbre pour seul décor. Les deux hommes attendent Godot (dont on ne sait rien et qui ne viendra jamais), discutent de façon très simple de choses qui peuvent paraître anodines (A commencer par une chaussure qui fait mal au pied…) Ils sont bientôt rejoints par deux autres personnages nommés Pozzo et Lucky. Le premier se montre tyrannique avec le second qu’il tient en laisse comme un chien. Un enfant prévient Estragon et Vladimir que Godot ne viendra pas ce soir, mais peut-être demain.

Et dans le deuxième acte, tout semble recommencer, à quelques détails près… Le suicide évoqué par Vladimir dans le premier acte est à nouveau évoqué, mais semble impossible (La ceinture n’est pas assez résistante!). Le jeune garçon revient, mais ne se souvient pas être passé la veille. Estragon et Vladimir paraissent de plus en plus perdus. Ils ne sont plus sûrs d’être vraiment au même endroit que la veille, ont des doutes sur le moment ou Godot doit venir et sur qui il est. Pozzo et Lucky reviennent sur scène dans une version dégénérée : Pozzo est aveugle et Lucky ne parle plus (Est-il devenu muet pour ressembler davantage à un chien totalement asservi par son maitre ?)

Estragon et Vladimir voudraient se taire (cesser de vivre ?) mais en sont bien incapables. Et la pièce se termine par la réplique « Alors, on y va ? » de Vladimir à laquelle Estragon répond : « Allons-y ! » sans qu’aucun des deux personnages ne bouge pour autant.

On l’aura compris, l’apparente simplicité n’était qu’un leurre… Tout est sujet à interprétation, et encore ! Samuel Beckett lui-même s’agaçait des tentatives d’explications formulées sur son oeuvre. Il refusait par exemple de reconnaître la ressemblance entre « Godot » et « God », interprétation hâtive qui est pourtant séduisante encore aujourd’hui.

S’y l’on en croit les propos de Beckett, tenter d’interpréter chaque élément de sa pièce était réducteur et allait à l’encontre de ce qu’il recherchait. On se « contentera » donc de se laisser secouer par ce texte (ou rester de marbre, peut-être, comme les premiers spectateurs de la pièce qui crièrent à l’arnaque…)

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