Bande originale de roman (ou playlist) : Comment ? Pour qui ? Pourquoi?

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Le but de ces lignes n’est pas d’apporter des réponses directes et définitives aux questions soulevées dans le titre, mais plutôt de s’interroger modestement sur une tendance assez récente dans le monde de l’écriture : la confection de playlists par certains auteurs pour accompagner leurs romans.

Un exemple?

Maxime Chattam recommande à ses lecteurs de se plonger dans ses livres en écoutant de la musique. Dès l’ouverture de son roman La patience du diable, on peut en effet lire ce texte :

Si vous voulez lire ce roman enveloppé dans le même cocon qui m’a servi à l’écrire, je vous conseille de vous isoler du monde réel en écoutant ces musiques de films pendant votre lecture :

Prisonners de Johann Johannson
Prometheus de Marc Streitenfeld
The Grey de Marc Streitenfeld
The Silence of the Lambs de Howard Shore
The Awakening de Daniel Pemberton

Une liste relativement courte mais révélatrice : en choisissant des musiques de films, l’auteur à succès souhaite donner à son écriture des atours cinématographiques et promet une expérience « visuelle » forte.

De plus, la simple évocation de ces films connus du grand public donne le ton et scelle un contrat implicite entre l’auteur et son public : vous avez aimé ces films? L’histoire que vous vous apprêtez à lire ne vous dépaysera pas. Soyez rassurés. (l’utilisation du mot « cocon » n’a rien de gratuite!)

Sa liste a l’avantage d’être simple (cinq albums) et pratique (On pourra facilement écouter les albums cités à l’aide de sites internet d’écoute de musique en ligne).

Mais on trouve des playlists nettement plus élaborées, pour lesquelles il n’est plus question d’albums mais d’une suite de titres divers et variés. Si l’auteur n’a pas créé de playlist facilement utilisable sur un site tel que Deezer (pour ne citer que lui), l’utilisation pour le lecteur devient plus ardue.

Autre difficulté : certains auteurs poussent le vice jusqu’à indiquer à quel moment (à quel chapitre, le plus souvent), écouter tel morceau, ce qui requiert une sacrée gymnastique pour le lecteur et peut rapidement devenir contraignant! Est-ce une mauvaise idée pour autant? Tout est certainement une question de dosage. Après tout, est-ce que chaque chapitre doit vraiment être mis en musique?

Nous avons évoqué quelques motifs pouvant pousser un écrivain à avoir recours à cette pratique, mais si l’on se place du côté du lecteur, y a t-il un réel intérêt? Une réelle « plus-value »?

En parcourant des forums de lecteurs, on découvre que de nombreuses personnes réclament des suggestions de playlists pour des romans lorsque celles-ci n’existent pas « officiellement ». Certains prétendent même ne pas pouvoir lire sans musique et en avoir besoin pour s’immerger totalement dans une histoire.

On l’aura compris : aussi surprenant que cela puisse paraître au premier abord, la création d’une playlist pour accompagner un roman peut être une bonne idée. Cependant, cela peut s’avérer à double tranchant, car il y a des avantages et des inconvénients à prendre en compte…

Comme nous l’avons dit plus haut, en plus de l’aspect immersif, la playlist peut être un argument de vente supplémentaire. Un auteur indépendant qui distribuerait des flyers pour son roman pourrait, en plus d’une illustration, du titre et d’un court résumé, fournir une liste de titres musicaux pour aguicher de potentiels lecteurs.

On peut imaginer des réactions du type : « J’adore ce moreau », « J’adore cet artiste » qui permettraient d’accrocher un public, mais certains titres ou auteurs auront forcément l’aspect inverse. « Du Madonna?? Non merci… »

On pourra aussi s’interroger sur la sincérité derrière l’élaboration de la liste : n’est-il pas tentant pour un auteur d’utiliser des titres pointus ou à la mode dans le simple but d’impressionner?

Au final, il apparaît difficile de trancher sur la question de la nécessité d’une playlist. Et si le réel moteur derrière tout ça (comme tout ce qui touche à l’écriture), n’était rien d’autre que l’envie? Se forcer à avoir recours à ce procédé ne donnera sans doute rien de bon, et cela pourrait s’avérer contre-productif si le lecteur se sentait dupé.

Que l’on soit un fervent défenseur de la playlist ou un indécis, l’idéal reste de se demander si l’on souhaite offrir (ce qui revient presque à imposer inconsciemment) un habillage musical dans une logique d’échange désintéressé.

En ce qui me concerne, mon avis n’est donc pas arrêté. Je n’ai fourni aucune indication pour Ce qui sort des tunnels, même si quelques choix auraient été évidents. En effet, différents personnages du roman écoutent des chansons à un moment ou à un autre et quelques paroles sont directement citées dans le texte. Si j’avais créé une playlist, on y aurait donc trouvé « I’m on fire » (Bruce Springsteen), « Stairway to heaven » (Led Zeppelin) ou encore « I’ve got a thing about trains » (Johnny Cash)

Pour ce qui est de mon deuxième roman, je me contente pour l’instant de noter les morceaux qui me passent par la tête lorsque j’écris certaines scènes et le temps me dira si je souhaite m’y accrocher et les fixer sur le papier. L’idée de laisser le lecteur libre de puiser dans son répertoire personnel est tout aussi séduisante…

« Kindle Unlimited » : bien ou pas bien?

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Quand Amazon, toujours en quête d’innovations, adapte pour la France (quelques mois après les USA) sa nouvelle offre « Kindle Unlimited », sorte de « Netflix » version littéraire, notre curiosité est immédiatement piquée. Mais faut-il se réjouir si vite de ce qui est en train de se passer?

Si on regarde dans le détail, voici ce que propose Amazon : « Kindle Unlimited » est annoncé comme un abonnement permettant de lire un nombre illimité de romans par mois parmi un choix de 700.000 romans dont 20.000 en français (pour l’instant), le tout pour la somme de 9,99 euros.

Alors, pour faire court : bien ou pas bien?

S’il s’agissait d’acquérir un nombre illimité d’e-books par mois, le prix serait sacrément intéressant pour un grand lecteur, mais il s’agit plutôt ici d’un simple emprunt déguisé derrière une formule bancale : Amazon vous permet bien de conserver les oeuvres… mais « seulement » dix à la fois. Ce qui revient à dire qu’une fois que vous vous serez procuré dix romans, vous serez logiquement bloqués et devrez supprimer des oeuvres de votre liseuse afin d’en acquérir d’autres. Ce qui revient au final à un simple abonnement mais pour un prix élevé. A ce tarif, autant profiter des services de votre médiathèque la plus proche…

Autre problème : le catalogue. S’il semble large, à y regarder de plus près, les propositions restent limitées, puisque les grands éditeurs français ont du mal à se laisser convaincre de proposer leurs titres. On trouve donc essentiellement des oeuvres auto-édités. Rien de mal à ça (Je fais partie du lot après tout!) mais il faut juste en être conscient avant de s’abonner.

Si l’offre paraît encore peu attractive pour le lecteur, qu’en est-il pour l’auteur? Dans un premier temps, les auteurs auto-édités y ont sans doute à gagner. Mais si les négociations permettent aux auteurs connus et à leurs éditeurs de s’y retrouver, la tendance s’inversera et les auteurs indépendants (amateurs ou cherchant sérieusement à vivre de leur art) ne pourront plus lutter contre une concurrence écrasante. Pourquoi donner sa chance à un auteur non connu si on peut gaver sa liseuse de romans placés en tête de gondole dans toutes les librairies?

Pour conclure, restons patients, pour ne pas dire méfiants. Si l’on ne peut pas arrêter ce que l’on veut nous vendre comme « le progrès », on peut aussi refuser de succomber aux sirènes du marketing sans aucune résistance.

Publicité pour un site « ami » (Un tumblr pour être plus précis!)

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Cette semaine, voici un court article pour présenter un sympathique Tumblr littéraire que l’un des auteurs m’a fait découvrir. (Evan R., si tu nous écoutes…!)

Vous y retrouverez des feuilletons très bien écrits, des illustrations, etc

Le tout est très agréable à lire et de haute tenue, sans se prendre au sérieux pour autant.

Vous y trouverez de la fiction tout terrain (ça tombe bien, c’est le nom du Tumblr! La vie est bien faite)

Alors, si vous êtes curieux, n’hésitez pas à aller faire un tour chez ces trois acolytes anonymes :

http://fictions-tout-terrain.tumblr.com/