Chronique : « Les profanateurs » (Didier Fédou)

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En guise d’introduction à cette chronique dédiée à la nouvelle « Les profanateurs » de Didier Fédou, un avertissement s’impose : âmes sensibles s’abstenir!

Mais pour tous les autres… un seul conseil : jetez vous sur ce récit dont l’efficacité n’a d’égal que la cruauté.

Le texte s’ouvre une citation glaçante qui trouvera rapidement tout son sens : « Il est fréquent pour les enfants de croire que leurs parents sont des imposteurs, nourrissants de noirs desseins à leur encontre. Parfois, ils ont raison »

Le récit de Didier Fédou baigne dans une ambiance glauque dans laquelle les irruptions de séquences gores bien dosées donnent la chair de poule.

Tout avait pourtant bien commencé pour les protagonistes de cette histoire : Lydie et Eric Penin s’attendaient à profiter des vacances dans leur grande maison de vacances avec leurs jeunes triplés, mais une expédition des enfants, qui aurait pu n’être qu’un simple amusement, va tout faire basculer dans l’horreur.

Fin mélange de psychanalyse infantile et de pure terreur à la Stephen King, « Les profanateurs » s’impose comme un court récit d’une grande qualité qui pourrait bien vous empêcher de fermer l’oeil la nuit…

N’hésitez donc pas à vous ruer sur la page Amazon dédiée à cette nouvelle.

Chronique : « Conducteur de nuit » (Paul Blanchot)

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L’écriture d’une nouvelle est un exercice délicat. Car il ne faut pas s’y fier, la brièveté (relative) du texte ne rime pas forcément avec simplicité pour celui qui l’écrit. Savoir faire court est tout un art. Il faut en dire assez sans en dire trop, suggérer, par petites touches, sans perdre le lecteur.

Avec ce type de récit, il n’y a en effet pas de temps à perdre. Il faut accrocher le lecteur rapidement sans oublier de planter le décor et d’esquisser le (ou les) personnage(s) principal/principaux. Pas de place pour les fioritures et les grand élans lyriques. Les enjeux doivent être limités mais être posés puis résolus d’une manière ou d’une autre avec une chute qui peut s’avérer brutale, étonnante, insolite…

Dans Conducteur de nuit, le personnage principal se dévoile par petites touches. On découvre tout d’abord un homme solitaire qui exulte la nuit au volant de sa voiture, quitte à prendre des risques… Nous n’en dirons pas plus dans ces lignes afin de préserver la surprise.

Cette nouvelle, noire comme la nuit qu’affectionne tant le personnage principal, crée rapidement chez le lecteur un léger sentiment de malaise qui va aller en s’amplifiant jusqu’à lui faire redouter une brutale sortie de route, au sens littéral comme au sens figuré…

Si ce texte était une musique, il serait sans aucun doute Nightcall de Stavinsky, morceau à la fois entêtant et troublant, à l’image de l’attraction/répulsion que l’on ressent pour le protagoniste propulsé dans une course en avant où tous les dérapages ne sont pas contrôlés…

N’hésitez pas à monter dans ce petit bolide littéraire, d’autant qu’il est disponible à un tout petit prix sur Amazon, à moins que vous ne craigniez de vous perdre dans les ténèbres de l’imagination de l’auteur…