Chronique : « 16 jours à vivre » (Paul Blanchot)

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Ayant fort apprécié les nouvelles Conducteur de nuit et Crépuscule déchainé au sujet desquelles j’avais écrit des chroniques (à retrouver ici pour la première et ici pour la seconde), je me suis lancé avec plaisir dans 16 jours à vivre, le premier roman écrit par Paul Blanchot.

Je dois avouer tout de suite que je n’ai pas été aussi convaincu par ce récit que par les nouvelles précédemment citées, mais malgré cela je tiens à insister sur le caractère original de l’histoire qui s’est avéré être une vraie curiosité pour moi.

Sans en dévoiler trop, le lecteur se trouve plongé en plein fantastique dans un prologue d’une efficacité redoutable au cours duquel un homme, dont on ne sait rien, est traqué par un monstre dans les décombres d’une ville en ruines, au coeur de ce qui pourrait bien être un monde post-apocalyptique… ou bien tout autre chose.

Après ce prologue très engageant, l’histoire se focalise sur l’homme qui s’avérera être le personnage principal aux basques duquel le lecteur restera collé jusqu’au dénouement. Il sera encore question d’une traque, à l’image de celle du prologue, d’un incessant jeu de chat et de la souris entre un autre monstre et notre protagoniste. Ce dernier ouvre les yeux dans un gymnase, sans aucun souvenir. Il s’agit d’une naissance, et son apprentissage de la vie devra se faire en accéléré s’il souhaite vivre ne serait-ce qu’un jour de plus…

Autant évacuer tout de suite ce qui m’a déplu pour me concentrer ensuite sur les qualités que j’ai trouvées à l’histoire…

Une fois le prologue passé, il m’a semblé que le rythme tombait. Il s’agit d’un long roman, et les scènes de poursuite m’ont parut répétitives (spécialement la partie centrale, qui se passe dans des sous-terrains) Le héros se trouve de nombreuses fois confronté à des variantes des mêmes difficultés (passages bloqués ou difficilement atteignables, confrontations diverses avec le monstre, etc)

Autre élément qui m’a fait un peu tiquer : la caractérisation des personnages. Le héros a tout d’une ardoise sur laquelle tout aurait été effacé et qui va devoir, d’une certaine manière, écrire sa propre histoire. Cela semble tout à fait logique au vu de l’histoire, mais le déroulement du récit ne m’a pas réellement permis de m’attacher à lui (ou à le rejeter) afin de m’intéresser à son sort. J’ai retrouvé ce même problème avec le personnage féminin.

Pour évoquer ce qui m’a plut dans le roman, je voudrais revenir sur l’aspect « curiosité » évoqué plus haut. Moins on en sait avant la lecture, mieux c’est, car Paul Blanchot crée de toutes pièces un univers étrange et inquiétant, si loin si proche du notre.

Cet univers est régi par des règles internes qui se dévoilent (en partie) au fur et à mesure de l’histoire. Cet aspect « règles du jeu » va d’ailleurs de pair avec l’ambiance vidéo-ludique de cette longue traque. Certaines scènes m’ont en effet penser à des cinématiques de jeux vidéos.

Outre l’originalité du monde créé par l’auteur, j’ai également apprécié certaines questions soulevées au passage sur le sens de l’existence (malgré ou grâce à sa brièveté) et sur la nature humaine, même si leur traitement aurait pu, à mon sens, être davantage développé.

Si l’on garde en tête qu’il s’agissait d’un premier roman (avec tout ce que cela comporte d’expérimentations et de tatonnements), cette histoire mérite que l’on s’y intéresse…

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