« Ce serait presque beau si ce n’était pas si triste » (chronique)

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« Ce serait presque beau si ce n’était pas si triste ». Cette phrase issue de l’un des poèmes de James Fleann pourait presque s’appliquer à son ouvrage. Presque. Le mot à son importance. On le trouve d’ailleurs dans le titre du recueil : « La forme d’une âme (presque) »

Car de la beauté, il y en a réellement dans ce recueil de poèmes. Un peu partout. Là où on ne l’attend pas forcément. A la manière de Baudelaire et de son « Une charogne », pour ne citer qu’une référence évidente. Baudelaire est d’ailleurs ouvertement cité par l’auteur (lors d’une jouissive célébration du vin !)

Baudelaire n’est que l’un des modèles parmi d’autres évoqués par James Fleann, mais que l’on ne s’y trompe pas : James Fleann est bien de son siècle. Douloureusement de son siècle, pourrions-nous ajouter. De brèves allusions à un smartphone ou à un magasin Leclerc sont là pour nous le rappeler.

De la beauté donc, mais la tristesse n’est jamais loin. A fleur de peau, sur la surface des immeubles, dans les ruelles et surtout, peut-être, dans le crâne où notre enfer intérieur est attisé par le souvenir et la mélancolie. Un sentiment d’aliénation cousu main.

Beauté et tristesse. Aucune antinomie, bien au contraire.

« Finalement j’aime bien » peut-on lire dans l’un des poèmes du recueil. Nous pourrions nous amuser avec l’idée que l’auteur réagit lui-même à la première phrase citée dans ce commentaire.

Ça tombe bien. Nous aussi, on aime bien !

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