Chronique : « Grimpez vers le Top 100 » (Jacques Vandroux)

Par défaut

Le sous-titre de cet e-book, « Pour bien débuter dans l’auto-édition numérique », aurait tout aussi bien pu être « l’auto-édition pour les nuls ».

Rien de condescendant derrière cette remarque! Juste un clin d’oeil à une collection bien connue et qui partage un même souci de faire montre de pédagogie et de bonne humeur avec ce petit ouvrage.

De quoi s’agit-il? Tout est dit dans le titre, bien sûr, mais que trouve t-on précisément à la lecture de ce texte?

Sans être mensonger, le titre doit être compris comme un objectif à se fixer et pour lequel l’ouvrage va donner de nombreuses aides plus que comme une promesse. Tous les auteurs auto-édités qui auront lu cet e-book ne se retrouveront bien sûr pas automatiquement dans le Top 100, et cela pour diverses raisons : la qualité de leur e-book mis en vente, le public ciblé, leur implication personnelle, la concurrence, etc

Mais pour un prix raisonnable (3, 99 euros actuellement), on trouvera moult conseils et recommandations qui faciliteront grandement le travail des auteurs qui ne se lancent que maintenant dans l’auto-édition, concernant des sujets aussi variés que la présentation de l’ouvrage, la couverture, comment fixer le prix, comment « se vendre » sans se ruiner avec des outils de promotion, les obligations légales, les problèmes techniques, etc

Les auteurs qui se seraient déjà lancés dans l’auto-édition avant de découvrir cet e-book (comme ce fut mon cas) ne regretteront pas pour autant cette acquisition : certaines informations paraitront peut-être évidentes, mais ils trouveront certainement leur compte tout de même dans cette lecture riche d’enseignements.

Autre élément à souligner : il ne s’agit pas d’un guide classique (si cela existe), mais bien le récit du parcours d’un auteur qui partage son expérience. Jacques Vandroux ne connaissait rien à l’auto-édition au départ, et il est maintenant un auteur reconnu dans ce (petit) milieu. Ses livres se vendent bien et reçoivent dans l’ensemble des critiques positives. Il s’est même vu offrir récemment la possibilité par Amazon (la plateforme d’auto-édition qu’il utilise) de voir l’un de ses romans traduit en langue anglaise et faire ainsi connaître de nouveaux horizons à son travail.

L’auteur (ou plutôt les auteurs, car la femme de Jacques Vandroux lui a été d’une grande assistance « en coulisses ») a beaucoup tâtonné afin d’obtenir les renseignements qui l’intéressait pour auto-éditer son travail et se faire connaître. Il nous livre ici le fruit de ses recherches, s’appuyant sur des exemples concrets, et fournit une liste de liens internet et de ressources (non-exhaustives) pour transmettre ce qu’il a appris.

Jacques Vandroux tient également (comme la plupart des auteurs) un blog à l’adresse suivante :

http://jacquesvandroux.blogspot.fr/

Je n’ai pas encore pris le temps de lire ses ouvrages de fiction, mais ils figurent sur ma liste de livres à lire puisque ma curiosité a inévitablement été piquée par leur succès. Le nombre important de commentaires sur Amazon est en effet un indice non négligeable de la réussite de l’auteur et un bon argument de vente. Je ne peux pour l’instant que supposer que ses textes sont de qualité, car si les techniques de vente sont une chose, un livre n’est pas un « produit » comme un autre et un bouche à oreille positif restera toujours la principale force d’un auteur une fois que la machine est lancée…

Publicités

Bande originale de roman (ou playlist) : Comment ? Pour qui ? Pourquoi?

Par défaut

Le but de ces lignes n’est pas d’apporter des réponses directes et définitives aux questions soulevées dans le titre, mais plutôt de s’interroger modestement sur une tendance assez récente dans le monde de l’écriture : la confection de playlists par certains auteurs pour accompagner leurs romans.

Un exemple?

Maxime Chattam recommande à ses lecteurs de se plonger dans ses livres en écoutant de la musique. Dès l’ouverture de son roman La patience du diable, on peut en effet lire ce texte :

Si vous voulez lire ce roman enveloppé dans le même cocon qui m’a servi à l’écrire, je vous conseille de vous isoler du monde réel en écoutant ces musiques de films pendant votre lecture :

Prisonners de Johann Johannson
Prometheus de Marc Streitenfeld
The Grey de Marc Streitenfeld
The Silence of the Lambs de Howard Shore
The Awakening de Daniel Pemberton

Une liste relativement courte mais révélatrice : en choisissant des musiques de films, l’auteur à succès souhaite donner à son écriture des atours cinématographiques et promet une expérience « visuelle » forte.

De plus, la simple évocation de ces films connus du grand public donne le ton et scelle un contrat implicite entre l’auteur et son public : vous avez aimé ces films? L’histoire que vous vous apprêtez à lire ne vous dépaysera pas. Soyez rassurés. (l’utilisation du mot « cocon » n’a rien de gratuite!)

Sa liste a l’avantage d’être simple (cinq albums) et pratique (On pourra facilement écouter les albums cités à l’aide de sites internet d’écoute de musique en ligne).

Mais on trouve des playlists nettement plus élaborées, pour lesquelles il n’est plus question d’albums mais d’une suite de titres divers et variés. Si l’auteur n’a pas créé de playlist facilement utilisable sur un site tel que Deezer (pour ne citer que lui), l’utilisation pour le lecteur devient plus ardue.

Autre difficulté : certains auteurs poussent le vice jusqu’à indiquer à quel moment (à quel chapitre, le plus souvent), écouter tel morceau, ce qui requiert une sacrée gymnastique pour le lecteur et peut rapidement devenir contraignant! Est-ce une mauvaise idée pour autant? Tout est certainement une question de dosage. Après tout, est-ce que chaque chapitre doit vraiment être mis en musique?

Nous avons évoqué quelques motifs pouvant pousser un écrivain à avoir recours à cette pratique, mais si l’on se place du côté du lecteur, y a t-il un réel intérêt? Une réelle « plus-value »?

En parcourant des forums de lecteurs, on découvre que de nombreuses personnes réclament des suggestions de playlists pour des romans lorsque celles-ci n’existent pas « officiellement ». Certains prétendent même ne pas pouvoir lire sans musique et en avoir besoin pour s’immerger totalement dans une histoire.

On l’aura compris : aussi surprenant que cela puisse paraître au premier abord, la création d’une playlist pour accompagner un roman peut être une bonne idée. Cependant, cela peut s’avérer à double tranchant, car il y a des avantages et des inconvénients à prendre en compte…

Comme nous l’avons dit plus haut, en plus de l’aspect immersif, la playlist peut être un argument de vente supplémentaire. Un auteur indépendant qui distribuerait des flyers pour son roman pourrait, en plus d’une illustration, du titre et d’un court résumé, fournir une liste de titres musicaux pour aguicher de potentiels lecteurs.

On peut imaginer des réactions du type : « J’adore ce moreau », « J’adore cet artiste » qui permettraient d’accrocher un public, mais certains titres ou auteurs auront forcément l’aspect inverse. « Du Madonna?? Non merci… »

On pourra aussi s’interroger sur la sincérité derrière l’élaboration de la liste : n’est-il pas tentant pour un auteur d’utiliser des titres pointus ou à la mode dans le simple but d’impressionner?

Au final, il apparaît difficile de trancher sur la question de la nécessité d’une playlist. Et si le réel moteur derrière tout ça (comme tout ce qui touche à l’écriture), n’était rien d’autre que l’envie? Se forcer à avoir recours à ce procédé ne donnera sans doute rien de bon, et cela pourrait s’avérer contre-productif si le lecteur se sentait dupé.

Que l’on soit un fervent défenseur de la playlist ou un indécis, l’idéal reste de se demander si l’on souhaite offrir (ce qui revient presque à imposer inconsciemment) un habillage musical dans une logique d’échange désintéressé.

En ce qui me concerne, mon avis n’est donc pas arrêté. Je n’ai fourni aucune indication pour Ce qui sort des tunnels, même si quelques choix auraient été évidents. En effet, différents personnages du roman écoutent des chansons à un moment ou à un autre et quelques paroles sont directement citées dans le texte. Si j’avais créé une playlist, on y aurait donc trouvé « I’m on fire » (Bruce Springsteen), « Stairway to heaven » (Led Zeppelin) ou encore « I’ve got a thing about trains » (Johnny Cash)

Pour ce qui est de mon deuxième roman, je me contente pour l’instant de noter les morceaux qui me passent par la tête lorsque j’écris certaines scènes et le temps me dira si je souhaite m’y accrocher et les fixer sur le papier. L’idée de laisser le lecteur libre de puiser dans son répertoire personnel est tout aussi séduisante…

« Kindle Unlimited » : bien ou pas bien?

Par défaut

Quand Amazon, toujours en quête d’innovations, adapte pour la France (quelques mois après les USA) sa nouvelle offre « Kindle Unlimited », sorte de « Netflix » version littéraire, notre curiosité est immédiatement piquée. Mais faut-il se réjouir si vite de ce qui est en train de se passer?

Si on regarde dans le détail, voici ce que propose Amazon : « Kindle Unlimited » est annoncé comme un abonnement permettant de lire un nombre illimité de romans par mois parmi un choix de 700.000 romans dont 20.000 en français (pour l’instant), le tout pour la somme de 9,99 euros.

Alors, pour faire court : bien ou pas bien?

S’il s’agissait d’acquérir un nombre illimité d’e-books par mois, le prix serait sacrément intéressant pour un grand lecteur, mais il s’agit plutôt ici d’un simple emprunt déguisé derrière une formule bancale : Amazon vous permet bien de conserver les oeuvres… mais « seulement » dix à la fois. Ce qui revient à dire qu’une fois que vous vous serez procuré dix romans, vous serez logiquement bloqués et devrez supprimer des oeuvres de votre liseuse afin d’en acquérir d’autres. Ce qui revient au final à un simple abonnement mais pour un prix élevé. A ce tarif, autant profiter des services de votre médiathèque la plus proche…

Autre problème : le catalogue. S’il semble large, à y regarder de plus près, les propositions restent limitées, puisque les grands éditeurs français ont du mal à se laisser convaincre de proposer leurs titres. On trouve donc essentiellement des oeuvres auto-édités. Rien de mal à ça (Je fais partie du lot après tout!) mais il faut juste en être conscient avant de s’abonner.

Si l’offre paraît encore peu attractive pour le lecteur, qu’en est-il pour l’auteur? Dans un premier temps, les auteurs auto-édités y ont sans doute à gagner. Mais si les négociations permettent aux auteurs connus et à leurs éditeurs de s’y retrouver, la tendance s’inversera et les auteurs indépendants (amateurs ou cherchant sérieusement à vivre de leur art) ne pourront plus lutter contre une concurrence écrasante. Pourquoi donner sa chance à un auteur non connu si on peut gaver sa liseuse de romans placés en tête de gondole dans toutes les librairies?

Pour conclure, restons patients, pour ne pas dire méfiants. Si l’on ne peut pas arrêter ce que l’on veut nous vendre comme « le progrès », on peut aussi refuser de succomber aux sirènes du marketing sans aucune résistance.

Publicité pour un site « ami » (Un tumblr pour être plus précis!)

Par défaut

Cette semaine, voici un court article pour présenter un sympathique Tumblr littéraire que l’un des auteurs m’a fait découvrir. (Evan R., si tu nous écoutes…!)

Vous y retrouverez des feuilletons très bien écrits, des illustrations, etc

Le tout est très agréable à lire et de haute tenue, sans se prendre au sérieux pour autant.

Vous y trouverez de la fiction tout terrain (ça tombe bien, c’est le nom du Tumblr! La vie est bien faite)

Alors, si vous êtes curieux, n’hésitez pas à aller faire un tour chez ces trois acolytes anonymes :

http://fictions-tout-terrain.tumblr.com/

L’illustation d’un roman

Par défaut

Quels sont les éléments déclencheurs qui nous poussent vers un livre ? Le genre sans aucun doute, même s’il faut se méfier des étiquettes. Le titre également (Qui n’a pas été interpellé en découvrant des titres comme J’irai cracher sur vos tombes,  Voyage au bout de la nuit  ou encore La fille qui rêvait d’un bidon d’essence et d’une allumette  ?). Le nom de l’auteur bien sûr, s’il est connu. Mais il ne faut pas négliger l’illustration de la couverture. Sans doute ce qui tape à l’oeil en premier à égalité avec le titre.

Pour mon premier roman, Ce qui sort des tunnels, j’ai fait appel aux services de mon ami Jérôme Lorin de chez Naaty Design, et je tenais logiquement à rendre hommage à son travail à travers cet article.

Petite explication de la manière dont les choses se sont déroulées : J’ai écrit près des trois quarts de mon manuscrit lorsque je décide de parler à Jérôme de mon projet. Sans lui laisser lire quoi que ce soit pour l’instant, je lui donne quelques éléments pour le guider, à savoir le titre, le type d’histoire dont il va s’agir (un thriller fantastique) et le fait que j’aimerais que l’illustration soit dans l’esprit des célèbres affiches des films d’Alfred Hitchcock réalisées par le graphiste américain Saul Bass.

J’ai aussi une image en tête : Celle d’une silhouette humaine chancelante au sortir d’un tunnel.

A partir de ces éléments que je pensais un peu minces, le résultat a été étonnant. Les premières ébauches correspondaient tout à fait à ce que j’avais en tête. De plus, il y avait des idées sympas auxquelles je n’avais pas pensées (la calligraphie du titre, les contours d’un visage qui apparaissent dans l’ombre du tunnel, l’effet volontaire d’usure donnant un effet « pulp », etc)

Alors je ne peux que vous encourager à découvrir le travail varié et de qualité effectué chez Naaty Design, que vous ayez un projet particulier en tête ou en simple curieux!

La micro-nouvelle ou l’art du minimalisme

Par défaut

Comme son nom l’indique, la micro-nouvelle est un texte extrêmement court (quelques phrases voire quelques mots). Le récit, forcément simple, doit pourtant planter le décor, ancrer un ou des personnages, et avoir une chute comique, dramatique ou surprenante qui provoque un effet immédiat sur le lecteur.

Même si elle est souvent dépourvue d’humour, elle peut être comparée à une blague (Ne dit-on pas d’ailleurs que les plus courtes sont les meilleures ?) En effet, une blague réussie n’est rien d’autre qu’une petite histoire avec une chute qui crée un effet de surprise.

Afin de faire court, il faut donc travailler énormément sur l’implicite, sur les archétypes et les références universelles. Le lecteur construit lui-même l’histoire dans sa tête et use de son imagination en comblant les blancs et en lisant entre les lignes. Le titre permet également de « tricher » un peu puisqu’il permet à l’auteur de donner une indication supplémentaire (ou de mettre volontairement le lecteur sur une fausse piste)

La micro-fiction est un genre à part entière, avec ses auteurs reconnus et ses prix. L’une des micro-nouvelles les plus célèbres, et réputée pour être l’une des plus courtes, est généralement attribuée à Ernest Hemingway : « For sale. Baby shoes. Never worn » (« A vendre. Chaussures de bébé. Jamais portées) Soit une tragédie en six mots. Libre au lecteur d’imaginer la terrible histoire que l’auteur a voulu écrire en creux… s’il s’agit bien d’un texte d’Hemingway. En effet, il a aussi été dit qu’il ne s’agissait que d’une réelle petite annonce placée dans un journal, ce qui met en évidence que si la micro-fiction a quelque chose à voir avec le trait d’humour, son versant plus sombre la relie aisément au fait divers et à la concision qui la caractérise.

Mais pour faire honneur à la micro-nouvelle, parlons peu, parlons bien ! Voici donc d’autres exemples de micro-nouvelles très réussies :

El Dinausorio (« Le Dinosaure ») de Augusto Monterroso : « Cuando despertó, el dinosaurio todavía estaba allí. » (« Quand il se réveilla, le dinosaure était encore là. »)

« Elle tomba. Il plongea. Disparus » (Félix Fénéon, 1906)

Mimétisme (Ludovic Recourchines, lauréat du Prix Pépin 2012) : « L’ambassadeur de Mars 3 avait bien étudié les coutumes politiques terriennes. Il promit donc de ne pas entrer en guerre avant deux cent ans, quoi qu’il arrive. Bien conscient que cela ne l’engageait en rien »

« Quand il eut fini de jouer aux osselets avec son petit frère, Jo les ramassa et les remit à leur place dans sa tombe encore ouverte » (Jérôme Picot )

« L’auteur luttait, encore et encore, en quête d’inspiration, mais nous, lecteurs, maintenions sa tête sous l’eau, jusqu’à ce qu’il expire » (Santiago Eximeno)

Comme on peut le voir avec ces quelques textes ci-dessus, la micro-nouvelle est une petite friandise littéraire qui procure une sensation immédiate de par sa brièveté. Difficile d’en « goûter » une sans chercher à en reprendre !

Elle est aussi un formidable exercice pour qui veut s’entrainer à écrire avec précision et à gagner en efficacité, en rythme et en dynamisme, que l’on écrive des nouvelles ou des romans, car comme on dit en anglais, « Less is more ! »

Planifier ou non l’intrigue d’un roman ?

Par défaut

Ça y est. Vous avez une idée en tête qui vous pousse à vous lancer dans l’écriture d’un roman. Peut-être est-ce lié à quelque chose que vous avez entendu dans la rue, à un faits divers lu dans un journal ou encore à une anecdote qu’un ami vous a racontée dans une soirée.

Dans tous les cas, vous être prêt. Vous allez partir de ce point de départ prometteur pour écrire votre histoire !

Mais vous vous posez très vite cette question cruciale : Dois-je écrire la première version de mon texte au fil de la plume, guidé par ma seule inspiration, ou vaut-il mieux écrire un plan au préalable ?

S’il était possible de répondre à cette interrogation en une phrase définitive, ce serait trop simple bien entendu…

A titre d’exemple, avant d’écrire mon premier roman, Ce qui sort des tunnels, j’avais déjà essayé d’écrire un tapuscrit avant de très vite me décourager. J’avais pourtant planifié l’intrigue dans les moindres détails, fait des fiches de plusieurs pages sur chacun de mes personnages principaux, et même fait des croquis ! Le problème qui s’est rapidement posé a été le suivant : Je me sentais écrasé par mes travaux préparatoires ! Je perdais un temps fou à relire mes notes, à essayer de respecter ce que j’avais prévu. Pour résumer, j’étais devenu l’esclave de l’histoire que je devais raconter.

Lorsque j’ai entamé l’écriture de Ce qui sort des tunnels, j’ai opté pour une méthode radicalement différente : Partir de deux idées fortes que j’avais en tête et qui n’avaient au départ aucun lien entre elles (A. Un train et ses passagers, à l’exception de l’un d’entre eux, disparaissent mystérieusement en France. B. Une femme enceinte dotée d’un pouvoir particulier reçoit un appel inquiétant dans un coin paumé de l’Amérique) A partir de ces deux images que j’avais en tête, j’ai cherché des pistes qui pourraient relier ce rescapé français et cette Américaine, et j’ai trouvé les premières étapes de mon histoire, et… c’est tout !

Pour autant, je ne répète pas cette méthode pour le nouveau roman que j’ai commencé à écrire, car j’ai découvert des limites à cette fameuse méthode « au fil de la plume ».

Observons de plus près les deux méthodes et leurs avantages et inconvénients respectifs :

1. Planifier l’intrigue :

– Avantages : Un sentiment de sécurité (Je sais où je vais et je sais pourquoi je raconte cette histoire), un gain de temps (à condition de ne pas crouler sous les notes en tous genres…), la possibilité de se reposer sur un squelette d’histoire.

– Inconvénients : Si on a réussi à trouver le dénouement de l’intrigue avant même d’avoir écrit la première ligne, cela veut probablement dire que l’histoire va être très prévisible, voire simpliste. En outre, on perd tout élément de surprise. Même si chaque petit détail n’a pas été pensé, on prend le risque de suivre un itinéraire tout tracé et de trouver la route un peu monotone.

2. Ne pas planifier l’intrigue :

– Avantages : La découverte ! L’auteur devient le lecteur de sa propre histoire qui se dévoile à lui à mesure qu’il l’écrit. Tout est donc possible. Les personnages risquent moins d’être de simples pantins au service de l’histoire, et leurs actions devraient sembler plus authentiques.
– Inconvénients : Si se noyer sous ses notes peut perdre du temps, ne pas en avoir du tout peut s’avérer catastrophique. Rouler dans le brouillard se fait plus facilement si on allume au moins les feux de sa voiture ! Si l’on ne connait pas un minimum d’éléments concernant nos personnages et leurs motivations, l’écriture peut vite tourner à vide. Il faut ensuite revenir en arrière et parfois effectuer de nombreuses réécritures pour obtenir une histoire cohérente.

Stephen King dit écrire ses romans sans aucune planification… à l’exception de Dead Zone qui est pour moi l’un de ses meilleurs ouvrages…

Difficile de trancher donc, et la réponse se trouve sans doute dans un savant mélange des deux techniques. On peut estimer qu’il y a un minimum nécessaire de préparation à effectuer. Ce travail porte, à mon avis, sur les thèmes forts qui vont porter notre histoire (Ce que Chuck Palahniuk, auteur de Fight Club,  compare à des chevaux qui vont tirer notre carrosse), sur les personnages principaux et ce vers quoi ils tendent, et au moins quelques grandes directions concernant au moins la première partie de l’histoire si l’on souhaite ne pas trop se fermer de portes et pouvoir se diriger vers un dénouement que l’on n’aura pas forcément pensé dès le début mais qui sera logique et naturel.

Et si vous vous posiez la question : Non, je n’ai fait aucune planification avant d’écrire cet article !