Chronique : « L’histoire secrète de Twin Peaks » (Mark Frost)

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En matière de série TV, s’il y a bien un mot galvaudé, c’est l’adjectif « culte », accolé à tout bout de champ à chaque nouvelle création un peu « hype » du petit écran. Avec un peu de recul sur ce genre à part entière, combien y a t’il réellement de « séries cultes » et quelles sont-elles ? Selon les journalistes spécialisés ou les fans éclairés, les réponses obtenues seront légèrement différentes, mais l’oubli de « Twin Peaks » serait purement impardonnable !

Pour rappel, la série n’a duré que deux saisons de 1990 à 1991 (une première saison excellente composée du pilote plus sept épisodes, et une seconde saison de 22 épisodes de qualité moins homogène mais tout aussi incontournable). Le nombre d’épisodes est certes restreint, mais l’univers de la série a ensuite été développé, entre autres, à travers un film («Fire Walk With Me » en 1992), et des livres « Le secret journal de Laura Palmer », « Les cassettes audio de l’agent Cooper »… et désormais « L’histoire secrète de Twin Peaks » écrite par Mark Frost, co-créateur de la série aux côtés de David Lynch.

Il serait tentant de ne voir en cet ouvrage qu’une forme d’opportunisme cynique. Un simple « produit dérivé » contribuant au « teasing » pré-saison 3 (annoncée pour le premier semestre de 2017 après plus de 25 années écoulées depuis le terrible « cliffhanger » de la saison 2 !) Ce serait commettre une erreur, car la qualité générale du livre le rend indispensable à tout fan de la série.

La première chose que l’on remarque, c’est le soin apporté à l’objet en lui-même. La couverture est magnifique. Il suffit ensuite de feuilleter rapidement les pages pour être émerveillé par leur contenu : documents d’archive « officiels », lettres, rapports, etc

L’idée de départ est des plus intrigantes : un mystérieux « archiviste » (dont l’identité se dévoilera au fur et à mesure…) a compilé un large dossier avant de le laisser dans une malle près d’une nouvelle scène de crime à Twin Peaks. Gordon Cole (joué par David Lynch lui-même dans la série) charge un agent du FBI (dont les initiales sont TP) de lire le dossier, de vérifier les faits et d’en tirer des conclusions…

Mark Frost semble avoir pris un malin plaisir à developper une mythologie qui se laissait deviner par petites touches dans la série et qui ne gagnait en importance que dans les derniers épisodes. Et il ne fait pas les choses à moitié puisqu’il inscrit son histoire dans celle, beaucoup plus vaste, des Etats-Unis, remontant jusqu’aux explorations de Lewis et Clarke !

Aussi vrai que « les hiboux ne sont pas ce que l’on croit », la question «Qui a tué Laura Palmer ? » cachait, comme on l’avait compris depuis longtemps, d’autres questions bien plus larges… Mark Frost apporte de nombreux nouveaux éléments de connaissance, même si le terme « réponse » est bien trop définitif pour être utilisé pour une oeuvre telle que « Twin Peaks »…

L’angle ufologique, qui n’était abordé que brièvement dans la série, est ici largement développé, rapprochant « Twin Peaks » d’une série qui sera développé quelques années seulement plus tard et qui n’est autre que… « The X Files ». Dans « Twin Peaks », il a toujours été question d’êtres venus d’ailleurs, mais croire qu’il suffisait de regarder vers le ciel était une belle méprise…

En plus de braquer les projecteurs sur des zones d’ombre de la série, Mark Frost n’oublie pas de nous donner des nouvelles des habitants si attachants que nous avions abandonnés à leur sort et assure une forme de transition avec la nouvelle fournée d’épisodes que l’on attend avec fébrilité.

Comme le disait Héraclite d’Ephèse, philosophe de l’antiquité, « on ne se baigne jamais deux fois dans les mêmes eaux ». Surtout si elles sont aussi troubles que celles de Twin Peaks…

Chronique : « Born to run » (Bruce Springsteen)

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On ne compte plus les livres consacrés au « boss » (dont l’hautement recommandable « Bruce » de Peter Ames Carlin), mais il en restait un à écrire. Celui que le fan n’osait plus espérer : l’auto-biographie. C’est désormais chose faite. Mais comme Springsteen ne fait jamais les choses à moitié, il lui aura fallu sept longues années pour écrire le récit de sa vie… Pas de faux suspense : le résultat est à la hauteur de l’attente.

L’anecdote est connue : le déclic de cette envie d’écriture fut la remarquable prestation de notre « working-class hero » et de son légendaire E-street band lors de la finale du Superbowl de 2009. Après une telle apogée, que restait-il à faire sinon regarder le chemin parcouru dans le rétroviseur ?

Avec la générosité qui le caractérise, Bruce n’oublie pas d’inclure son histoire dans une histoire plus grande. Celle de son quartier, de sa famille (dysfonctionnelle), de ses amis et surtout celle de son pays. Bruce est né aux USA. On connait la rengaine. Il l’a assez chanté, sans toujours être compris. Il se souvient de tout. La ségrégation. La guerre du Vietnam (à laquelle il a échappé, mais qui lui a volé des proches) Le 11/09/01. La crise économique…

Bruce Springsteen, c’est un gros morceau d’Amérique. Celle d’Elvis, arrivé tel un messie du rock dans la petite lucarne d’un gamin du New Jersey grâce au Ed Sullivan Show, mais aussi celle du Tom Joad de Steinbeck et de tous les laissés-pour-compte, fictifs ou réels, du rêve américain.

Le rêve américain… Bruce Springsteen pourrait pourtant en être la parfaite incarnation s’il ne l’avait pas lui-même remis en question à longueur de chansons. Parti de rien, issu du milieu ouvrier, le « diable du New Jersey » a compris très tôt qu’il ne pourrait compter que sur lui-même. Et pour cela il faudrait beaucoup de travail, de sueur et de persévérance.

Véritable bête de scène (à 67 ans, il ne semble pas décidé à faire des concerts de moins de trois heures, allant parfois jusqu’à assurer lui-même sa première partie !), le chanteur a toujours refusé de se laisser enfermer dans le rôle du rocker survolté balançant des tubes rock destinés à agiter les stades. Pour preuve, son plus gros succès populaire, « Born in the USA », sera immédiatement suivi de « Tunnel of love », album introspectif dans lequel il choisit de s’attarder sur le sentiment amoureux…

Toute sa carrière sera à cette image. L’envie d’évasion suivie de l’envie de revenir chez les siens, dans sa « Hometown » qu’il aime autant qu’il la déteste. La furie des concerts avec l’E-street band suivie d’une période plus intimiste en solo. L’exaltation et l’espoir suivis du dur retour à la réalité, les sautes d’humeur du chanteur et son combat contre une forme lourde de dépression se dévoilant sans doute en filigrane…

Mais « Born to run », c’est aussi et surtout un véritable plaisir de lecture. On connaissait les talents d’auteur de chansons de Springsteen, mais l’écriture d’un livre est un exercice très différent. Là encore, il ne déçoit pas. On commence le livre par curiosité, par jusqu’au boutisme de fan, et on finit rapidement par le lire comme un roman qui, même si l’issue est connue, ne manque pas de rebondissements, de surprises et d’émotion. Des origines de ses ancêtres passés par Ellis Island jusqu’au parcours de ses enfants, Springsteen a écrit une grande saga. La sienne.

Chronique : « Sublimation » (Bastien Pantalé)

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Après nous avoir proposé « L’éveil », savant mélange de polar et de romance saupoudré de science-fiction, puis sa saga de science-fiction humaniste « Ascendance » (deux tomes déjà disponibles), Bastien Pantalé nous invite à plonger dans un pur thriller psychologique intitulé « Sublimation ».

Un pur thriller ? C’est en tout cas ce que l’on pourrait penser à priori, car tous les codes du genre sont maîtrisés dans cette intrigue aux faux airs d’un « Seven » à la française (référence dont il ne se cache pas d’ailleurs, puisqu’elle est évoquée dans le livre) L’auteur sait pourtant la rendre originale et surprenante jusqu’à un dénouement qui fera probablement réagir plus d’un lecteur !

Mais plutôt que de risquer de déflorer l’histoire, autant se référer à la quatrième de couverture :

« Bordeaux, place de la Bourse, une oeuvre d’art intrigue les passants. Le meurtre atroce qu’elle dissimule annonce une psychose sans précédent. Dans son atelier parisien, Damian Leisenberg subit les assauts de visions persistantes, des scènes macabres laissant présager le pire. Le controversé Capitaine Bonhoure se lance sur la piste d’un tueur en série pour le moins créatif, mais face à la complexité de l’enquête, ses dons de criminologue ne seront rien sans les avis éclairés du Lieutenant Torrès. Du port de la lune à Paris, le duo d’enquêteurs, impuissant, assiste au décompte des victimes »

On reconnaît tout de suite le style clair et élégant de l’auteur à un détail près : le rythme a changé. « L’éveil », malgré son suspense, avait un aspect volontairement contemplatif par endroits, lié à la nature même de son sujet et « Ascendance » prend le temps de développer différents mondes et personnages, mais ici, tout doit aller plus vite, car il y a un vrai sentiment d’urgence. Attention, Bastien Pantalé ne nous perd pas pour autant, car il gère parfaitement son récit que l’on devine longuement pensé et planifié, qu’il s’agisse des impressionnants détails techniques, descriptions de lieux et, plus intéressant encore, de la personnalité clairement dessinée de personnages réalistes que l’on éprouve un réel plaisir à suivre.

Au delà du frisson garanti par tout bon thriller, l’auteur développe en creux une réflexion sur la nature humaine, sur nos pulsions, notre possibilité à tendre vers le bien comme vers le mal, et la difficulté de se poser des limites… L’Art est bien sûr également au coeur du livre. Qu’est-ce que le beau et comment l’atteindre ? Et surtout à quel prix ?

Chronique : « Surtensions » (Olivier Norek)

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Amateurs de polars, si vous ne connaissez pas encore le Capitaine Coste, il est grand temps de faire connaissance et de l’accompagner dans son enquête (« ses enquêtes » devrait-on plutôt dire) dans le très bon Surtensions.

Surtensions… Un titre qui sonne comme une promesse qui sera largement exaucée. Celle d’un récit tendu qui mènera chacun des personnages, qu’il soit d’un côté ou l’autre de la justice et du « bien » (notion relative selon le point de vue de chacun d’entre eux) jusqu’à son point de rupture.

L’auteur, Olivier Norek, opte pour un prologue nous offrant un aperçu de la situation de Coste à la fin de toute cette histoire. Le capitaine, face à une psychologue, est épuisé et abattu. Les choses ont mal tourné : des pertes humaines dont un membre de son équipe…

Le récit, d’une grande richesse, nous livre différents « épisodes » très variés tels que la descente en enfer d’un homme brisé par le milieu carcéral, une « home invasion », un braquage d’un genre inédit, des règlements de compte… Ce kaléidoscope géant de la violence qui gangrène notre société est saisissant sans être gratuit.

En effet, l’auteur, lieutenant de police à la section enquêtes et recherches du SDPJ 93, ne se contente pas d’un simple état des lieux de la criminalité sur notre territoire. Tout ce qu’il retranscrit sert une fiction redoutable pour laquelle le réalisme n’est jamais sacrifié sur l’autel du suspense.

Il prend également un soin particulier à dépeindre ses personnages avec précision, puisant à volonté dans son grand nuancier de gris. Les représentants de la justice souffrent, déconnent, font des erreurs, s’égarent… Ceux qu’ils traquent ont leur propres valeurs et code de conduite, une famille à laquelle ils sont fidèles… et sont d’une grande dangerosité.

Le terme « coup de poing » sied à merveille à Surtensions. Certains passages sont très difficiles. Mais plus qu’une enquête ordinaire à la fin de laquelle on se réjouit de voir « les méchants » derrière les barreaux, vous garderez un goût amer de ce voyage en terre de violence tout en conservant le souvenir d’un récit édifiant peuplé d’hommes et de femmes au bord du gouffre.

Chronique : « Rêver » (Frank Thilliez)

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Au détour d’un dialogue du dernier opus de Frank Thilliez, un personnage soumet une énigme (sans rapport avec l’intrigue principale) à ses interlocuteurs: une forêt a été entièrement décimée par un incendie. Au milieu de la forêt, le corps d’un homme en tenue de plongeur est retrouvé sans aucune trace de brûlure. Comment est-ce possible ?

Cette énigme pourrait facilement être perçue comme une métaphore du roman qui la contient. En effet, Rêver est une gigantesque énigme. Une énigme constituée de toute une série de plus petites énigmes, les unes imbriquées dans les autres façon poupées russes. Une énigme monstrueuse, peut-être trop grande pour être tout à fait honnête, comme si l’auteur était condamné à la surenchère. Toujours plus étonnant, toujours plus saisissant, les titres de ses ouvrages ne cachant pas son ambition de nous retourner la tête (Puzzle, Vertige…) sans oublier de nous faire frémir (La chambre des morts, Deuils de miel, Fractures, pour ne citer que quelques exemples)

Mais de quoi est-il question dans Rêver ? Abigaël, une psychologue narcoleptique, vient en aide à la police sur une affaire concernant l’enlèvement de quatre enfants. En plus des difficultés liées à sa maladie (Abigaël peut non seulement s’endormir à tout moment, mais elle perd de plus en plus la capacité à distinguer le rêve de la réalité), notre héroïne doit survivre après un drame personnel : la mort de son père et de sa fille dans un accident de voiture auquel elle a miraculeusement survécu. Nul besoin d’avoir lu beaucoup de thrillers pour se douter rapidement que tous les mystères sont liés…

Frank Thilliez est, à juste titre, considéré comme l’un des grands auteurs actuels de thrillers à la française. Son habileté à concevoir des intrigues machiavéliques n’a d’égal que la cruauté des « croquemitaines », monstres à visage humain et autres tueurs auxquels il confronte ses héros. Le lecteur prendra un malin plaisir à se frotter à cette énigme géante qu’est « Rêver », jusqu’à chercher ce fameux chapitre caché au prix d’une dernière réflexion !

Là où le bas blesse, c’est peut-être en ce qui concerne les personnages. Un thriller n’a pas la même saveur sans un attachement réel pour le ou les personnages principaux. L’adhésion au personnage d’Abigaël variera certainement selon les lecteurs, mais on pourra déplorer la façon dont est caractérisé le personnage. En effet, la psychologue est rarement définie autrement qu’à travers ses souffrances (liées à la perte de sa famille, à son enquête, à sa maladie…) Abigaël est une victime. Une victime qui lutte, certes, sinon il n’y aurait pas d’histoire, mais quelques nuances apportées à son personnage auraient été les bienvenues.

Si l’on se plonge dans cette intrigue, c’est donc avant tout pour avoir le fin mot de l’histoire, comme on prendrait plaisir à résoudre une équation aux multiples inconnues. Et quelle intrigue ! Thilliez pousse la vraisemblance dans ses derniers retranchements et un lecteur aguerri verra venir de loin certains rebondissements, mais le sac de noeuds vaut amplement le coup qu’on tire sur la ficelle…

Chronique : « La Baie des Morts » (Azel Bury)

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Bienvenue dans « La Baie des Morts », lecteur intrépide, ou plutôt… bienvenue dans l’univers d’Azel Bury.

Et pour te plonger dans l’histoire, tu pourras compter sur un duo d’enquêteurs du paranormal qui pourrait tout d’abord nous rappeler les illustres agents Mulder et Scully. Sauf qu’il n’y a pas d’enquête du FBI ici, mais plutôt un reportage pour une émission de télévision un brin racoleuse.

Comme se plaisent à le rappeler nos deux sympathiques personnages principaux, Irma (la journaliste) et Adriel (le responsable de la logistique), la grande majorité des cas sur lesquels ils enquêtent sont bidons. La grande majorité… Mais qu’en est il des événements étranges qui s’accumulent à Cruden Bay en Ecosse ?

Un enfant harcelé par un fantôme, un étrange crash d’avion trente ans plus tôt… et bien d’autres (mauvaises) surprises qui attendent Irma et Adriel.

Le récit commence de façon assez légère et on se plaît à voyager avec les deux héros de l’histoire à la rencontre de personnages hauts en couleur dans une écosse dont le petit côté « carte postale » est tout à fait rafraîchissant. Et puis vient la douche froide pour nos héros ou plutôt la douche écossaise… Ce qui n’aurait pu être qu’une enquête triviale et folklorique de plus remue le passé et fait ressurgir d’effroyables secrets… Le mystère s’épaissit et la menace se fait plus présente…

L’écriture est simple et fluide, toute en efficacité, et se permet des touches d’humour bienvenues par endroits. Les chapitres, relativement courts, s’enchaînent très bien et changent systématiquement de points de vue, ce qui permet un attachement plus important aux personnalités différentes mais complémentaires d’Irma et d’Adriel.

Une fois l’enquête achevée, on quitte à regrets nos deux héros, tout en sachant qu’on peut les retrouver dans leur aventure suivante, « Onisha Song »…

Chronique : « Codex Occultum Genesis » (Didier Fédou)

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Après mon article enthousiaste sur la nouvelle « Nicotine » de Didier Fédou, je poursuis mon rattrapage estival avec un retour sur «Codex Occultum Genesis» du même auteur.

Ce qu’il y a de remarquable avec les nouvelles de Didier Fédou, c’est que l’on a toujours plaisir à se laisser embarquer dans ses histoires qui, tout à tour, nous surprennent, nous font frémir, et bien souvent nous amusent, même si (surtout si, devrais-je dire !) l’humour est bien noir et la chute, toujours bien amenée, est brutale.

C’est donc encore le cas avec «Codex Occultum Genesis». On croit d’abord connaître l’histoire ou saisir l’influence. Un jeune homme, instruit mais un peu naïf, amené à rencontrer un personnage étrange reclus dans une demeure aussi impressionnante que sinistre. Nous voici plongés en pleine ambiance gothique et l’ombre de Bram Stoker plane… Sauf que ce n’est que le point de départ d’un récit fantastique original et reposant sur une idée, aussi folle que géniale, qu’il serait criminel de dévoiler dans ces lignes.

A défaut de parler de l’intrigue, il faut souligner, outre le style toujours impeccable de l’auteur, le degré de précision et de rigueur apporté à l’univers dans lequel se déroule l’histoire. On devine un sérieux travail de recherche (ou d’importantes connaissances préalables ?) accordant une grande crédibilité à ce qui aurait pu apparaître quelque peu farfelu autrement.

Une fois que vous aurez lu les premières lignes de ce texte, la curiosité vous fera tourner les pages à grande vitesse jusqu’à la conclusion jubilatoire, véritable signature de l’auteur.