Chronique : « Codex Occultum Genesis » (Didier Fédou)

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Après mon article enthousiaste sur la nouvelle « Nicotine » de Didier Fédou, je poursuis mon rattrapage estival avec un retour sur «Codex Occultum Genesis» du même auteur.

Ce qu’il y a de remarquable avec les nouvelles de Didier Fédou, c’est que l’on a toujours plaisir à se laisser embarquer dans ses histoires qui, tout à tour, nous surprennent, nous font frémir, et bien souvent nous amusent, même si (surtout si, devrais-je dire !) l’humour est bien noir et la chute, toujours bien amenée, est brutale.

C’est donc encore le cas avec «Codex Occultum Genesis». On croit d’abord connaître l’histoire ou saisir l’influence. Un jeune homme, instruit mais un peu naïf, amené à rencontrer un personnage étrange reclus dans une demeure aussi impressionnante que sinistre. Nous voici plongés en pleine ambiance gothique et l’ombre de Bram Stoker plane… Sauf que ce n’est que le point de départ d’un récit fantastique original et reposant sur une idée, aussi folle que géniale, qu’il serait criminel de dévoiler dans ces lignes.

A défaut de parler de l’intrigue, il faut souligner, outre le style toujours impeccable de l’auteur, le degré de précision et de rigueur apporté à l’univers dans lequel se déroule l’histoire. On devine un sérieux travail de recherche (ou d’importantes connaissances préalables ?) accordant une grande crédibilité à ce qui aurait pu apparaître quelque peu farfelu autrement.

Une fois que vous aurez lu les premières lignes de ce texte, la curiosité vous fera tourner les pages à grande vitesse jusqu’à la conclusion jubilatoire, véritable signature de l’auteur.

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SORTIE DE MON NOUVEAU ROMAN !

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Ça y est ! J’ai la joie de vous annoncer que mon nouveau roman, « Les Peaux Mortes », est enfin disponible chez Amazon ! Il s’agit cette fois d’un thriller psychologique qui devrait plaire aux amateurs de suspense et d’enquêtes aux rebondissements multiples. Voici le lien vers le roman :
http://www.amazon.fr/dp/2955703109 (ou plus simplement tapez le titre dans la catégorie « livres » d’Amazon !)

Si vous décidez de vous plonger dans cette histoire, n’hésitez pas à laisser des commentaires sur Amazon. On ne le rappelle jamais assez mais, plus il y a de commentaires plus le livre est visible.

Dans tous les cas, je guette avec impatience les premières réactions… 🙂

Bonne lecture !

 

 

 

 

MON NOUVEAU ROMAN…

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Allez, le moment est venu de communiquer un peu sur mon nouveau roman ! (dont je garde le titre secret encore un peu…) Car ça y est, la version brute est enfin achevée ! Le manuscrit fait actuellement 249 pages sur Open Office (107.392 mots précisément !) mais la « bête » est encore loin d’être présentable… Il me reste maintenant un long travail avant la présentation officielle : relecture / réécriture (passages à épurer, détails à ajouter, incohérences à traquer, problèmes divers à régler…), puis lecture par mes sympathiques « bêta lecteurs » volontaires, et nouveaux ajustements selon leur retour. Viendra ensuite la correction des erreurs / fautes de frappe, l’élaboration technique avec à nouveau Jérôme Lorin / Naatydesign pour l’illustration, les démarches administratives… et c’est parti. Ouf ! Tout ce que je peux dévoiler pour l’instant, c’est qu’il ne s’agira pas d’un récit fantastique contrairement à mon premier roman « Ce qui sort des tunnels », mais d’un pur thriller psychologique bien noir aux rebondissements multiples. Alors on en reparle en 2016, le temps que je peaufine la meilleure version possible de cette histoire à vous proposer… 🙂

Chronique : « 16 jours à vivre » (Paul Blanchot)

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Ayant fort apprécié les nouvelles Conducteur de nuit et Crépuscule déchainé au sujet desquelles j’avais écrit des chroniques (à retrouver ici pour la première et ici pour la seconde), je me suis lancé avec plaisir dans 16 jours à vivre, le premier roman écrit par Paul Blanchot.

Je dois avouer tout de suite que je n’ai pas été aussi convaincu par ce récit que par les nouvelles précédemment citées, mais malgré cela je tiens à insister sur le caractère original de l’histoire qui s’est avéré être une vraie curiosité pour moi.

Sans en dévoiler trop, le lecteur se trouve plongé en plein fantastique dans un prologue d’une efficacité redoutable au cours duquel un homme, dont on ne sait rien, est traqué par un monstre dans les décombres d’une ville en ruines, au coeur de ce qui pourrait bien être un monde post-apocalyptique… ou bien tout autre chose.

Après ce prologue très engageant, l’histoire se focalise sur l’homme qui s’avérera être le personnage principal aux basques duquel le lecteur restera collé jusqu’au dénouement. Il sera encore question d’une traque, à l’image de celle du prologue, d’un incessant jeu de chat et de la souris entre un autre monstre et notre protagoniste. Ce dernier ouvre les yeux dans un gymnase, sans aucun souvenir. Il s’agit d’une naissance, et son apprentissage de la vie devra se faire en accéléré s’il souhaite vivre ne serait-ce qu’un jour de plus…

Autant évacuer tout de suite ce qui m’a déplu pour me concentrer ensuite sur les qualités que j’ai trouvées à l’histoire…

Une fois le prologue passé, il m’a semblé que le rythme tombait. Il s’agit d’un long roman, et les scènes de poursuite m’ont parut répétitives (spécialement la partie centrale, qui se passe dans des sous-terrains) Le héros se trouve de nombreuses fois confronté à des variantes des mêmes difficultés (passages bloqués ou difficilement atteignables, confrontations diverses avec le monstre, etc)

Autre élément qui m’a fait un peu tiquer : la caractérisation des personnages. Le héros a tout d’une ardoise sur laquelle tout aurait été effacé et qui va devoir, d’une certaine manière, écrire sa propre histoire. Cela semble tout à fait logique au vu de l’histoire, mais le déroulement du récit ne m’a pas réellement permis de m’attacher à lui (ou à le rejeter) afin de m’intéresser à son sort. J’ai retrouvé ce même problème avec le personnage féminin.

Pour évoquer ce qui m’a plut dans le roman, je voudrais revenir sur l’aspect « curiosité » évoqué plus haut. Moins on en sait avant la lecture, mieux c’est, car Paul Blanchot crée de toutes pièces un univers étrange et inquiétant, si loin si proche du notre.

Cet univers est régi par des règles internes qui se dévoilent (en partie) au fur et à mesure de l’histoire. Cet aspect « règles du jeu » va d’ailleurs de pair avec l’ambiance vidéo-ludique de cette longue traque. Certaines scènes m’ont en effet penser à des cinématiques de jeux vidéos.

Outre l’originalité du monde créé par l’auteur, j’ai également apprécié certaines questions soulevées au passage sur le sens de l’existence (malgré ou grâce à sa brièveté) et sur la nature humaine, même si leur traitement aurait pu, à mon sens, être davantage développé.

Si l’on garde en tête qu’il s’agissait d’un premier roman (avec tout ce que cela comporte d’expérimentations et de tatonnements), cette histoire mérite que l’on s’y intéresse…

Chronique : « L’ogre » (Didier Fédou)

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Amateurs d’enquêtes policières (ou « whodunit ») et de fantasy, vous pouvez vous réjouir car vous êtes invités à l’union heureuse de ces deux genres au coeur de cette nouvelle épatante qu’est « L’ogre » de Didier Fédou.

Pour cela, il vous faudra accepter de vous plonger en plein mystère et de coller aux basques (ou plutôt aux bottes) de Luderik Aghraddon, vieux capitaine de la Garde Royale de Darwenn et de son jeune acolyte, Karl Halvos, sergent des troupes régulières.

Notre duo, aussi haut en couleurs que complémentaire, est en route vers le petit village de Mavenk pour enquêter sur un meurtre atroce, alors que des disparitions inexpliquées se multiplient dans la campagne environnante.

Vous vous verrez propulser, sans préambule ni exposition envahissante, en plein milieu d’un monde fantastique où les elfes, gorthaurs et autres nains sont évoqués au passage comme des créatures avec lesquelles il est (presque) normal pour la paysannerie locale de cohabiter.

Outre le charme de se laisser promener sur ces terres fantastiques si bien décrites par la plume habile de Didier Fédou, le point fort de la nouvelle est bel et bien l’enquête en elle-même, rondement menée et ménageant de nombreuses surprises jusqu’à un dénouement tout à fait satisfaisant.

Bien qu’happés par le déroulement de cette enquête hors-normes, vous vous surprendrez probablement aussi à vous attacher aux personnages et à leur univers, si bien que vous en redemanderez une fois la lecture achevée. Ainsi on signerait bien pour d’autres aventures périlleuses au côté de Luderik et de Karl…

Chronique : « Crépuscule déchainé » (Paul Blanchot)

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Extraite de son anthologie Veillées funèbres, la nouvelle de Paul Blanchot est un pur récit de fantasy. De « dark fantasy » pourrait-on même préciser si le titre n’était pas suffisamment explicite.

Car de la noirceur, il y en a revendre sur ces Mortes-Terres qu’arpentent nos deux jeunes apprentis héros, Raynan et Moyota, marchant dans les pas de leur maitre (ou plus précisément leur Don), un guide qui s’efforce de les maintenir dans les rangs de la Lumière et de ne pas se laisser tenter par les attraits vénéneux des ténèbres.

Alors que les trois acolytes se rapprochent de la source du Mal (dont nous tairons la nature dans ces lignes), la lutte intérieure se montre aussi épuisante que celle qu’ils mènent contre les dangers extérieurs…

Avec cette opposition entre la Lumière et la noirceur du Mal, il serait tentant de penser au combat des chevaliers Jedis contre le côté obscure de la force. Mais pas d’épopée spatiale ici, car le périple dans lequel le lecteur se trouve embarqué se passe uniquement sur ces terribles Mortes-Terres et fait davantage penser au chemin de croix de Frodon dans le dernier tome de la trilogie du « Seigneur des anneaux » de Tolkien.

Si les influences évoquées plus haut semblent évidentes, cela ne veut pas dire pour autant que ce récit manque d’originalité. Bien au contraire! Avec une efficacité redoutable, l’auteur créé un univers que l’on devine plus large, tout en nous maintenant englué dans un territoire sombre où le poids du monde repose sur de bien frêles épaules.

Les amateurs de ce type d’histoire auraient donc tort de se priver de cette incursion dans un univers où les ténèbres ne viennent jamais tout à fait à bout de la lueur d’espoir qui anime ceux qui osent s’y aventurer.

Chronique « Les orakles » (Morgane Pinon)

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Il est des lectures qui accompagnent parfaitement l’été, d’autant plus lorsqu’elles sont rafraichissantes et que la canicule sévit! L’orakle de lumière », premier tome d’une sage écrite par Morgane Pinon, est incontestablement de celles-ci.

Pourtant, tout n’était pas gagné d’avance pour l’auteur de ces lignes, aussi peu versé dans les récits traitant de magie que dans la littérature « jeune adulte » dans laquelle on pourrait être tenté de classer le livre (de par l’âge de l’héroïne et les thèmes traités)

Autant s’attaquer tout de suite à une critique qui pourrait éventuellement être faite à cet ouvrage : oui, on pense rapidement à Harry Potter à la lecture des premiers chapitres (la découverte de la magie par un adolescent, les simples humains ignorant tout de cet autre monde magique qui se superpose au leur, un combat qui se profile, etc) Est-ce pour autant regrettable?

Tout d’abord, J.K. Rowling, elle-même, n’a pas inventé sa saga de toutes pièces. On lui prête de nombreuses influences dont un ouvrage qui n’a pour autre nom que… L’école des sorciers. Difficile en effet de renouveler complètement un genre aussi balisé que la fantasy urbaine. Et pourtant, avec sa plume légère et une empathie pour ses personnages qui transpire de chaque page, l’auteur nous plonge rapidement dans un univers plus personnel qu’il ne pouvait y paraître au début, avant de nous surprendre et finalement de nous accrocher jusqu’au bout.

Pour rendre hommage à ce premier tome, il convient d’insister sur le grand soin apporté par l’auteur à la construction du monde dans lequel évoluent les personnages. Celui-ci a des règles bien précises, une hiérarchie dans l’ordre des individus dotés de pouvoirs magiques et même une langue inventée de toutes pièces.

L’intrigue n’est pas en reste : des éléments plaisants, mais qui pourraient paraître anodins, s’avèrent déterminants en cours de route et les surprises, bien pensées, se multiplient. Il s’agit, comme il est de coutume dans ce type d’histoire, d’un récit initiatique, une métaphore à peine voilée de la transformation de l’adolescent et de son émancipation. De par la sincérité évidente de l’auteur, on serait même tenté de déceler un aspect auto-biographique dissimulé derrière l’aspect fantastique.

Autre qualité, et pas la moindre, qu’il ne faut pas oublier de mentionner : cet ouvrage a beau être le premier tome d’une série, son histoire a bel et bien une conclusion (temporaire) tout à fait suffisante, qui n’oublie pas d’ouvrir des portes sans pour autant frustrer le lecteur dans l’attente de la suite.

En définitive, Les orakles est une saga à suivre… tout comme son auteur.