« Kindle Unlimited » : bien ou pas bien?

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Quand Amazon, toujours en quête d’innovations, adapte pour la France (quelques mois après les USA) sa nouvelle offre « Kindle Unlimited », sorte de « Netflix » version littéraire, notre curiosité est immédiatement piquée. Mais faut-il se réjouir si vite de ce qui est en train de se passer?

Si on regarde dans le détail, voici ce que propose Amazon : « Kindle Unlimited » est annoncé comme un abonnement permettant de lire un nombre illimité de romans par mois parmi un choix de 700.000 romans dont 20.000 en français (pour l’instant), le tout pour la somme de 9,99 euros.

Alors, pour faire court : bien ou pas bien?

S’il s’agissait d’acquérir un nombre illimité d’e-books par mois, le prix serait sacrément intéressant pour un grand lecteur, mais il s’agit plutôt ici d’un simple emprunt déguisé derrière une formule bancale : Amazon vous permet bien de conserver les oeuvres… mais « seulement » dix à la fois. Ce qui revient à dire qu’une fois que vous vous serez procuré dix romans, vous serez logiquement bloqués et devrez supprimer des oeuvres de votre liseuse afin d’en acquérir d’autres. Ce qui revient au final à un simple abonnement mais pour un prix élevé. A ce tarif, autant profiter des services de votre médiathèque la plus proche…

Autre problème : le catalogue. S’il semble large, à y regarder de plus près, les propositions restent limitées, puisque les grands éditeurs français ont du mal à se laisser convaincre de proposer leurs titres. On trouve donc essentiellement des oeuvres auto-édités. Rien de mal à ça (Je fais partie du lot après tout!) mais il faut juste en être conscient avant de s’abonner.

Si l’offre paraît encore peu attractive pour le lecteur, qu’en est-il pour l’auteur? Dans un premier temps, les auteurs auto-édités y ont sans doute à gagner. Mais si les négociations permettent aux auteurs connus et à leurs éditeurs de s’y retrouver, la tendance s’inversera et les auteurs indépendants (amateurs ou cherchant sérieusement à vivre de leur art) ne pourront plus lutter contre une concurrence écrasante. Pourquoi donner sa chance à un auteur non connu si on peut gaver sa liseuse de romans placés en tête de gondole dans toutes les librairies?

Pour conclure, restons patients, pour ne pas dire méfiants. Si l’on ne peut pas arrêter ce que l’on veut nous vendre comme « le progrès », on peut aussi refuser de succomber aux sirènes du marketing sans aucune résistance.

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