Chronique : « Surtensions » (Olivier Norek)

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Amateurs de polars, si vous ne connaissez pas encore le Capitaine Coste, il est grand temps de faire connaissance et de l’accompagner dans son enquête (« ses enquêtes » devrait-on plutôt dire) dans le très bon Surtensions.

Surtensions… Un titre qui sonne comme une promesse qui sera largement exaucée. Celle d’un récit tendu qui mènera chacun des personnages, qu’il soit d’un côté ou l’autre de la justice et du « bien » (notion relative selon le point de vue de chacun d’entre eux) jusqu’à son point de rupture.

L’auteur, Olivier Norek, opte pour un prologue nous offrant un aperçu de la situation de Coste à la fin de toute cette histoire. Le capitaine, face à une psychologue, est épuisé et abattu. Les choses ont mal tourné : des pertes humaines dont un membre de son équipe…

Le récit, d’une grande richesse, nous livre différents « épisodes » très variés tels que la descente en enfer d’un homme brisé par le milieu carcéral, une « home invasion », un braquage d’un genre inédit, des règlements de compte… Ce kaléidoscope géant de la violence qui gangrène notre société est saisissant sans être gratuit.

En effet, l’auteur, lieutenant de police à la section enquêtes et recherches du SDPJ 93, ne se contente pas d’un simple état des lieux de la criminalité sur notre territoire. Tout ce qu’il retranscrit sert une fiction redoutable pour laquelle le réalisme n’est jamais sacrifié sur l’autel du suspense.

Il prend également un soin particulier à dépeindre ses personnages avec précision, puisant à volonté dans son grand nuancier de gris. Les représentants de la justice souffrent, déconnent, font des erreurs, s’égarent… Ceux qu’ils traquent ont leur propres valeurs et code de conduite, une famille à laquelle ils sont fidèles… et sont d’une grande dangerosité.

Le terme « coup de poing » sied à merveille à Surtensions. Certains passages sont très difficiles. Mais plus qu’une enquête ordinaire à la fin de laquelle on se réjouit de voir « les méchants » derrière les barreaux, vous garderez un goût amer de ce voyage en terre de violence tout en conservant le souvenir d’un récit édifiant peuplé d’hommes et de femmes au bord du gouffre.

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